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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 07:22

Ce matin, vers 6h, j'ouvre un oeil, le soleil commence à poindre derrière les persiennes, la journée s'annonce bien. Tout le monde se lève et la petite chambre de 4, avec les valises et les affaires de vélos est vite encombrée. On file à la douche pour bien se réveiller (le gîte est bien fait, avec 3 belles douches à part, et 2 WC séparés aussi des chambres, mais bien vite encombrés) avant d'attaquer un bon petit déj.

Aujourd'hui le profil devrait être plus descendant que montant, ce qui n'est pas pour nous déplaire. On lubrifie les vélos et pendant qu'Akrilite disparaît (au choix pour manger ou pour caguer), on lui planque son vélo. Evidemment, au moment de partir, il le cherche partout, et c'est à nouveau la rigolade.

On va nettement moins rigoler quand derrière, Olivier nous dégote un petit sentier qui part derrière le gîte pour rejoindre les pistes de ski de fond. Ca monte pas mal et le terrain est irrégulier, ça met dans l'ambiance tout de suite.

Après un petit tour sur les pistes bitumées de ski de fond à roulettes, avec visite du pas de tir pour les biathlètes, on admire une dernière fois, le massif de Belledonne qu'on ne verra plus le reste de la journée.

On va alors emprunter un petit sentier dans les sapins, sous un beau soleil, pour aller rejoindre le sommet du plateau, qui est une longue falaise qui domine le lac du Bourget. Les chutes de neige récentes ont laissé des traces et l'on passe plusieurs fois sur des restes de neige. On va même faire une mini bataille de boules de neige. Par contre, après la fonte de la neige, le sol est spongieux, hyper humide, ça colle, ça glisse, ça n'avance pas, la progression est difficile. C'est dommage car ce sous-bois est très joli.

On rejoint alors le col du Pertuiset, et le sommet de la grande descente du jour, qui commence par un passage vertigineux sur des corniches, entre les barres rocheuses, pour descendre en épingles sous les falaises.

On commence par admirer la vue, magnifique, sur le lac et ses environs, 1300m en-dessous.

Olivier nous briefe avant la descente sur les difficultés qui nous attendent et sur la prudence à adopter sur la partie haute, aérienne et vertigineuse, pendant que l'on enfile nos genouillères.

On démarre à pied, le vélo du côté du vide, en regardant bien où l'on met les pieds, pour ne pas trébucher. On passe la première épingle à pied, puis on fait un tout petit bout sur le vélo, avant une épingle serrée avec une énorme marche que l'on passe, difficilement, à pied. Certains tentent et passent quelques épingles plus faciles, enfin, faciles, c'est vite dit, c'est serrée et dessous, c'est le vide, donc on est plusieurs à passer à pied, c'est plus sûr.

Ce secteur difficile est maintenant bien avancé et on commence à pouvoir remonter plus souvent sur le vélo, même si les épingles sont toujours délicates, et bien souvent encore passées à pied, pour certains.

La suite, est un superbe sentier en balcon, avec des épingles un peu moins serrées, et toujours du gaz sur le côté, il faut quand même être très attentif. J'adore cette partie, exactement ce que j'aime, même si par moment, je me fais un peu peur en regardant sur le bas du chemin. Je passe de plus en plus d'épingles, je commence à me sentir mieux et j'apprécie au maximum cette superbe descente. C'est un peu moins vrai pour Raph que j'attends régulièrement pour ne pas le laisser seul, les autres ayant filé comme des flèches devant. Il vaut mieux rester à deux en cas de pépin. Comme je vais un peu plus vite que lui, je fais des pauses régulièrement, pour garder le contact, ça permet également de laisser les freins refroidir un peu, car ils sont mis à rude épreuve.

On va dépasser un trailer que nous avions laissé passer au sommet, avant de nous arrêter, de le redépasser, et ceci plusieurs fois. J'espère qu'on ne l'a pas trop gêné dans sa descente, en tout cas, lui, s'est bien écarté à chaque fois pour nous laisser passer. Ce ne sera pas le cas, d'un petit vieux, avec un baladeur sur les oreilles, avec qui Akrilite, Ned et le guide se sont trouvés face à face en pleine épingle, lancés à bonne vitesse. Il a râlé, disant qu'il était prioritaire à la montée, ce qui est vrai, et qu'il s'agissait d'un chemin piéton, ce qui n'est pas vrai comme lui a fait remarqué Olivier, lui indiquant que c'était un chemin, tout court, donc ouvert à tous. Avec Raph, on l'a croisé, un peu plus tard, j'ai vu qu'il ne se rangeait pas, je me suis donc mis sur le côté et pas de problème.

La descente se poursuit dans les bois avec des passages différents. On retrouve pas mal d'humidité, avec des résurgences naturelles et des restes des dernières pluies. A un moment, on passe dans de la grosse caillasse bien défoncée et je me surprend à tenter et passer des obstacles qui m'auraient fait mettre pied à terre, il y a quelques temps. Merci le Rocky, encore une fois.

On croise de plus en plus de randonneurs, il faut être vigilant, pour ne pas leur foncer dessus comme des fous furieux. Heureusement tout se passe bien et nous arrivons enfin en bas de cette descente d'une quinzaine de kilomètres. Un des meilleurs moments du trip, pour moi.

On rejoint la route. On s'arrête pour enlever les protections et regarder la montagne derrière nous, d'où nous venons, avec le col du Pertuiset, bien visible dans la falaise, en haut à droite (petit V).

J'en profite pour prévenir mon oncle qui habite à côté que l'on va passer au port d'Aix les Bains dans une demi-heure. C'était sans compter sur Ned, qui, une fois arrivé au centre d'Aix, a retrouvé ses habitudes de kangourou, sautant partout, y compris dans les marches d'escalier, avant de pincer lamentablement ! Et lui qui se moquait de ma crevaison en tubeless hier, c'est à mon tour de me marrer. Sauf que Ned est quand même nettement plus efficace que moi pour réparer, si bien qu'en quelques minutes, nous étions repartis... Avant de nous arrêter à nouveau, Ned ayant besoin de gonfler un peu plus.

On arrive donc à la bourre au port, où je ne vois pas mon oncle tout de suite. En fait, il nous attendait dans une autre rue, l'appareil photo à la main, mais surprise, nous sommes venus par le petit port.



On discute donc un coup, je lui présente la bande, en train d'admirer le lac, d'un bleu magnifique sous un soleil resplendissant. Ça dépayse bien et on se dit que la retraite ici, ne doit pas être désagréable.

La Dent du Chat depuis le port d'Aix les Bains

Au fond, le Grand Colombier et à droite les Monts de Corsuets, au programme de l'après-midi

On laisse mon oncle pour aller manger dans l'herbe à côté de la plage, où des gamins jouent dans l'eau. Les gens sont en maillot de bain, il fait super bon, incroyable après avoir fait une bataille de boucles de neige le matin même !
 

Il fait tellement bon que la pause va durer, durer... Il faut dire qu'Olivier s'est endormi et va nous faire une sieste d'une heure. Pendant ce temps, Bbanpc va dépanner la petite dame, enfin plutôt sa cafetière, qui vend donc du café et des oranges pressées (j'ai testé, c'était bien bon) dans sa vieille voiture, qui a attiré Bbanpc (je parle de la voiture, évidemment, d'ailleurs on la voit sur la photo derrière nous).

Olivier émerge et semble surpris de nous voir prêts à partir. C'est que l'étape qui s'annonçe la plus longue est loin d'être terminée et on aimerait bien arriver plus tôt au gîte, enfin surtout moi, à cause de la finale de la Coupe de France... Dont tout le monde se fout.

On part alors vers les monts de Corsuet, en faisant un dernier coucou à mon oncle, en passant juste devant sa maison, puis on attaque une longue, très longue montée de plusieurs heures.

Avec la chaleur, on souffre. J'ai mal au bide et dès que je bois, et il le faut, vu comme il fait chaud, cela me ballonne le ventre. La montée est interminable, avec des passages gras dans une pente pas possible, qui obligent à pousser longuement le vélo, tout en glissant constamment. Mon genou se réveille et exprime son mécontentement. Ned accueille mais moi je n'y arrive pas, là, ça me gave carrément, marre de pousser le vélo. Le pire, c'est qu'Olivier ayant remarqué qu'Akrilite avait du niveau en montée, le met au défi, sur un passage de fou où l'on sue sang et haut, et lui, il va monter presque au sommet, tranquille, déconcertant de facilité, avant de caler sur un passage savonnette très pentu et glissant. D'ailleurs, même à pied, on galère pour monter.

On profite quand même d'une belle vue sur le lac, avec Aix les Bains à nos pieds maintenant.



J'ai le gros coup de chaud, j'en ai marre, plus motivé pour rouler. Olivier nous annonce un sentier de crête vallonné et joueur, mais je n'ai pas la caisse et cale presque sur chaque remontée.

On monte à pied à la Croix de Meyrieux (843 m) où Olivier pensait manger initialement. Heureusement qu'il a changé d'avis, j'aurais eu le temps de mourir de faim, et je ne parle pas d'Akrilite !

Avec Ned, on est en mode boulet cet après-midi et tout le monde doit nous attendre. A l'inverse, Bbanpc se sent nettement mieux que le premier jour.
Va comprendre ! En même temps, il n'y a pas eu de pause bière aujourd'hui ...

Ned va même se prendre une gamelle dans la gadoue, tentant un braquage contre-braquage neutralisé par une branche au sol, bloquant la roue avant et entraînant la bascule dans la boue, le genou coincé entre le cadre et le guidon. Mais c'est qu'on en voudrait à nos genoux dans ce trip !

On va enchaîner par un beau passage sous les falaises, sur un sentier en balcon où, avec la fatigue accumulée, je perds beaucoup en lucidité. Ce n'est pas l'endroit pour se vautrer. On fait gaffe aussi à ne pas rouler sur les cordes des varapeurs qui traînent au milieu du chemin (les cordes, pas les varapeurs, eux, ils sont sur la falaise).

On rejoint enfin le dernier lacet du col de la Chambotte, avec une belle vue sur le lac.

Il est 17h10, et il reste encore une bonne montée, avant une descente annoncée au top au Sapeney. Olivier nous prévient que la descente sera technique et engagée. Le connaissant, je sens bien qu'avec Raph, ça va pas être notre truc. Vu l'heure, notre état de fatigue et notre niveau, il nous propose de redescendre par le col. On préfère assurer car on n'est plus trop lucide et on préfère éviter l'accident. Finalement, Ned, bien entamé également, va se joindre à nous pour regagner Chanaz.

Je suis tellement pas frais que je ne comprends même pas par où l'on doit descendre, je remonte donc le dernier lacet du col, à la poursuite d'Olivier pour avoir les bonnes indications ... et il ne fallait pas monter mais bien descendre sur le versant où nous étions. Oups !

Une jeune femme très sympa à qui l'on demande où trouver de l'eau nous répond "chez moi" et va remplir tous les sacs à flotte avec de l'eau bien fraîche. Super agréable.

Le trio va donc rentrer par la route, avec un Raph qui retrouve ses aises et part devant, prêt à chercher un kom. On longe le canal qui relie le lac au Rhône, c'est joli et plein de bateaux. On arrive enfin à Chanaz et au gîte, qui n'en est pas vraiment un. Pas de garage à vélos et pas de tuyau pour laver les vélos bien crades. Ned a un peu de mal à accueillir cette fois, il prend sur lui.

Le gars nous présente les chambres, une de trois en bas, la chambre Poisson nous dit-il très sérieusement (on se retient pour ne poas éclater de rire), et une de quatre dans les combles, accessible par une échelle télescopique bien raide. On est trois, ça tombe bien, on va prendre celle du bas. Par contre, dans les chambres, il y a tout, serviettes, shampooing, machine à café, théière, plus pleins d'éléments de décoration que l'on va essayer de ne pas renverser avec toutes nos affaires. Ned va même dégager un tronc d'arbre derrière son oreiller de peur de se le prendre sur la tronche en pleine nuit.

Pendant ce temps, les autres ont poursuivi leur ascension avant de rejoindre les hauteurs du Sapeney, avec un magnifique point de vue sur le lac. Avec le soleil qui commence à baisser, l'éclairage est chaleureux, l'idéal pour réaliser de belles photos.


 


La descente commence dans un pré, tout au bord de la falaise. Les lascars ne font pas les fiers. La suite ne va pas être triste non plus, avec une descente très engagée. Énorme pente, sol glissant, et c'est parti pour de belles glissades en dévers où il est très difficile de contrôler le vélo. D'après leur récit, c'était une super descente, mais pas à la portée de tous, donc on a bien fait de ne pas y aller, surtout en étant fatigué.

Le quatuor finit par gagner le gîte à son tour, et découvre la chambre sous les toits et son accès accrobatique, surtout avec les valises.

De mon côté, je profite d'une bonne douche et je découvre une énorme tique sur le torse et une plus petite derrière le genou. Ned m'aide à extraire les bestioles, mais la plus grosse est dure à sortir, elle a déjà commencé à enfoncer la tête dans le poitrail. Ned y arrive enfin, puis se dévoue et fait l'inspection de mon corps velu, parfait pour les tiques, pour bien se planquer, puis c'est au tour de Raph d'avoir droit à l'examen. Pas d'autres tiques en vue, tant mieux. Par contre, ça gratte bien, et 4 jours après, ça gratte toujours fort !

Les autres ont déjà filé à l'apéro, sans se doucher (d'ailleurs ça va sentir des pieds pendant tout l'apéro), mais je ne les ai pas vu partir et ne sais pas où ils sont passés. Je finis par les repérer, sur les quais, au bord du canal. Evidemment, c'est bière pour tous, sauf Raph et moi. Toutefois, il s'agit de production locale, aussi je me permets de gouter un peu, hé bien, elles ne sont pas mauvaises du tout ces bières.

On passe ensuite sur la petite terrasse, qui nous est réservée, pour manger. Damned, c'est l'heure du match, je vais tout rater. Ouf, l'appli SFR TV fonctionne, je vais pouvoir suivre le match en live sur mon smartphone. Par contre, le match est déjà parti depuis 4', et j'ai déjà raté un but. Je vais donc suivre le match d'un oeil et la conversation d'une oreille, tout en me concentrant sur mon assiette. Désolé les gars, ce n'était pas très poli, mais je ne pouvais pas rater la finale.

Statistiques

Distance : environ 50 km pour le trio et 55 km pour le quatuor

D+ : entre 1300m et 1500m (à revérifier sur GeoRando car résultats disparates et non cohérents)

Moyenne : autour de 10 km/h

Temps de déplacement : entre 5h et 5h30

Vitesse maxi : 58 km/h

Chutes : 1 pour Ned

Crevaison : 1 pour Ned

 

Vidéo du matin (descente sur Aix les Bains depuis le col de Persuiset)

Vidéo de l'après-midi (monts de Corsuet, Sapeney)

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