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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 08:31

Participant : Markitos

Larrun (La Rhune en français), montagne sacré des Basques, vigie flottant au-dessus des nuages, phares des marins rentrant au port à Saint-Jean de Luz ou Ciboure, Larrun, royaume des vautours et des pottoks, Larrun agressée par des hordes de touristes en mal d'exotisme qui pour dire qu'ils sont montés au sommet empruntent un antique petit train à crémaillère en bois, Larrun mon objectif du jour  

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Le décor est planté, je vais gravir ce mythique sommet des Pyrénées Atlantiques en VTT. La tâche est loin d'être aisée. Même si elle ne culmine qu'à 905m, cette montagne n'est pas simple. Ses pentes sont abruptes et minérales.

Mercredi 25 juillet 2012, ce soir c'est l'ouverture des fêtes de Bayonne mais aujourd'hui je ne m'habillerai pas de blanc et rouge. Pour moi ce sera journée vélo. Il est 5h quand le réveil sonne, je trainasse 15mn de plus au lit et à 5h15 je suis debout. Je me prépare doucement, et à 5h45 la voiture est chargée. Direction la frontière et plus précisément le petit village de Biriatou, au bord de la Bidassoa.

7h10 je suis prêt et je pars pour quelques heures de VTT. Le début est facile, je monte tout doucement par de larges pistes dans la forêt. Le jour se lève doucettement, il ne fait pas bien chaud, un petit 16°. Je n'ai fait à peine qu'un kilomètre que je vois sur une petite falaise 4 ou 5 chevreaux qui se prennent pour des chamois. Ça m'amuse   Le chemin continue sa lente ascension et au kilomètre 4 sur un raidar que je monte sur le bec de selle, un chevreuil sort soudain du bois devant moi, à 15m et s'enfuie, en me voyant, légèrement et sans un bruit comme il était arrivé. Je le suis du regard pendant quelques secondes et il rentre de nouveau dans la forêt où il disparait. 

La forêt fait soudain place aux fougères et à une vue bien dégagée. Je suis au-dessus du lac de Xoldokogaina, au col de Pitara. Ça y est j'aperçois enfin le but de mes coups de pédales, La Rhune. Elle me semble encore bien lointaine. Je prends quelques photos et je repars . Deux coureurs à pied me doublent au moment où je remonte sur le vélo. Je ne les reverrais pas, ça grimpe tout à coup assez durement et je suis obligé de faire un poussage sur quelques dizaines de mètres. Je re-rentre pour un petit moment dans les bois. La pente est un peu plus raide qu'au début. J'arrive à un nouveau col. J'y emprunte un sentier qui file à flanc de montagne, il est assez sympa bien que parfois il oblige à un petit poussage ou portage, mais rien de méchant. A la faveur de la traversée d'un ruisseau, je trouve des petites plantes carnivores encore baignées par la rosée. je suis sur le côté à l'ombre, et j'ai une superbe vue sur le Jaïzkibel, et las Peñas de Haya. A la fin de ce single c'est la frontière, je vais bientôt rouler sur le versant espagnol de cette montagne proche du Mandale. Et soudain j'aperçois au sommet d'un petit éperon rocheux un Pottok blanc et noir, il est là-haut paraissant surveiller la frontière fièrement, il est exactement dessus en fait   

A la faveur du col marquant le passage en Helgoade (Pays Basque sud), je prend un nouveau single qui va me mener au Col d'Ibardin. Mais là je trouve 3 vieux messieurs armés d'énormes sécateurs et faucilles. Ils sont en train d'élaguer le chemin. Effectivement il en a besoin, les ronces et autres épineux rendent l'avancé difficile. Le problème est que lorsqu'ils élaguent, ils ne ramassent pas immédiatement et je dois jouer à saute-mouton avec les grosses branches pleines d'épines. Là je me dis que je suis bien content de rouler en tubeless   Quand une fois le chemin est dégagé je me retrouve face au premier troupeau de Pottoks de la journée, il y en a bien une bonne dizaine. Je suis juste au-dessus des Ventas d'Ibardin que je vais rejoindre en un rien de temps à la faveur d'une piste descendante bien large et rapide. Je ne m'attarde guère à cet endroit que je n'apprécie pas plus que ça. Juste le temps de retirer un peu de liquide au distributeur et je laisse derrière moi les hordes de touristes en mal de Ricard et autre cigarettes qui ne voient la montagne que sous cet angle   

Je prend une route au départ goudronnée puis qui laisse vite la place à une piste de terre. Elle mène à différentes Ventas qui se trouvent dans la montagne. Il n'est pas encore tard et je prendrais bien un bon café crème dans l'une d'entre elles. Je vais donc faire un détour de plus de 6km mais surtout de presque 300m de D+ pour rien, les 3 que j'ai trouvé étaient fermées   Je commencent à regretter mon détour, il commence à faire de plus en plus chaud et le chemin à parcourir est encore long. J'ai peur que cela ne me pèse au final.

Je repars donc en suivant de nouveau ma trace, enfin celle que j'ai piqué à Supersonicus   Je suis sur un nouveau single, il y a du caillou, des marches mais rien de bien méchant sauf qu'à un moment le vélo à voulu m'éjecter direct dans les ronces. C'est bon j'ai tout le côté droit érafler, ce soir à douche ça va piquer. Il faut faire attention aussi aux autres pièges comme cet arbre biscornu qui est en travers du chemin. Le single se termine sur un terrain de chasse où il y a trois ou quatre palombières. A partir de là je reprend de nouveau une large piste qui va m'emmener au pied de la Petite Rhune. Justement c'est à partir de là que les choses vont se corser. Il fait désormais bien chaud, et le pic de chaleur n'a pas été encore atteint. Il n'est pas encore 11h, enfin il est 10h50 en fait. Mon chemin de croix va débuter.

J'arrive à un nouveau col qui va marquer le début de mon ascension à la Petite Rhune (700m) et la Rhune. La piste que j'emprunte est large, son revêtement est fait de petits cailloux rond et blancs, qui roulent sous les roues du vélo. Dans les parties les plus raides c'est du béton que l'on trouve, blanc lui aussi. Le pourcentage moyen est très élevé. J'essaie de monter sur le vélo mais rapidement je dois me rendre à l'évidence, je n'y arrive pas. La blancheur du chemin revoie la chaleur du soleil et j'ai l'impression d'être dans une fournaise.   Je ne suis qu'à une altitude de 360m environ, il en reste plus 500 à gravir... c'est chaud   C'est simple pour faire les derniers 3,4km qui me séparent du sommet je vais mettre 1h30. J'avais l'impression de faire du sur-place. Je bois énormément, je prend un gel anti-oxidant, et je marche, je marche sans arrêt. J'ai la voute plantaire qui commence à chauffer sérieusement tellement le sol est chaud. Je croise deux ou trois promeneurs espagnols avec qui discutent un peu et me renseignent sur la distance restante. Tout au long du chemin je croise aussi de nombreux Pottoks et si je les vois pas, j'entends leurs clochent sonner dans les pentes de la Rhune. Une fois arriver à la Petite Rhune et la borne frontière 23, le plus dur de la montée reste à faire. Là les pourcentages dépassent allègrement par endroits les 25%. Je suis au bout du rouleau, je fais une pause à l'ombre d'un rocher à mi-pente. Les touristes que je croise désormais, et qui sont monté avec le Petit train de la Rhune, me regardent bizarrement, comme s'ils voyaient un extra-terrestre. Je passe enfin le dernier raidillon que j'ai essayé de monté sur le bike mais sans succès. A la faveur d'un replat je peu enfin rouler. Elle est là la Rhune, je peux enfin presque toucher son sommet. Je vois enfin les antenne de TDF et les Ventas espagnoles. Il y a foule, je me fraie un chemin comme je peu entre les poussettes, les cannes, les fauteuils roulants, les valides mais aucun autre VTT  

Ça y est j'y suis, je l'ai fait, je suis arrivé en haut au prix d'un bel effort   J'ai envie d'aller admirer le paysage mais en fait j'ai le temps pour ça. Là je n'ai qu'une envie : m'assoir à l'ombre boire quelque chose de bien frais et me restaurer. 

Je vais donc à la Venta la plus proche du sommet et demande une table à l'ombre. Je commande une tortilla (omelette espagnole) et "una caña", un demi   Je prend mon temps, je me repose car je sais que la descente sera assez difficile aussi ... en fait il reste encore de belles grimpettes.

Après avoir mangé, bu ma bière bien fraiche et acheté une grande bouteille d'eau pour refaire le plein du Camelbak, je vais faire un tour au point le plus haut. On a une superbe vu de là-haut sur une grande partie du Pays Basque français et espagnol, sur la Navarre et les Landes. Mais le temps est à la canicule et il y a une brume de chaleur qui empêche d'avoir une vue parfaite. D'ailleurs les photos ne sont pas très belles aujourd'hui à cause de ça. Il y a un vautour qui vole juste au-dessus pas trop haut. Je l'observe, il est magnifique.

Il est temps de redescendre. Je suis une attraction là-haut, j'ai envie de quitter de partir : "je suis moi aussi vététiste, et comment vous êtes montés ? On a droit de mettre le vélo dans le petit train? et c'est pas trop dur? et par où il faut passer ? ..." j'ai été alpagué par 3 ou 4 personnes qui ne me lâchaient pas la grappe, c'était gentil mais ça me gonflait légèrement.

Je repars donc en suivant les rails du chemin de fer. Les enfants dans les trains que je croisent me font coucou, les adultes aussi, ça me fait marrer, mais attention je dois me concentrer sur mon pilotage, c'est plein de pièges ici. Je descend tant bien que mal, mais ça reste roulable. Jusqu'à un gros portage après les Trois Fontaines. Je retourne à la Petite Rhune mais par le côté français en fait, je fais le tour de la Rhune par l'Est. A la Petite Rhune, je me plante de chemin, mais je m'en aperçois rapidement et repars sur le bon. C'est un single à flanc de montagne descendant, avec quelques passages techniques, surtout au début. Mais je commence à me sentir mal, je commence à avoir mal au crâne et je suis de moins en moins lucide. Je suis en plein cagnard au milieu d'un champ de fougères, et j'ai l'impression de faire un début d'insolation. J'ai pourtant mis sous mon casque un bandana que j'ai humidifié aussi souvent que je pouvais  

Soudain le chemin laisse place à un mur, en fait une grosse descente très glissante, presque verticale que je n'ose faire sur le vélo. Même à pied on est à deux doigts de tomber. Je met le vélo sur les épaules et c'est parti pour un portage en descente. Tout en bas je vois une petite maison, c'est une Venta en fait, je suis passé en Espagne sans m'en apercevoir, je longe la frontière. Et la Venta va me permettre de récupérer un peu.  

Je commande un soda à l'orange, que je bois d'une traite et une bouteille de 50cl de Perrier. Cet arrêt va m'être bénéfique, je me suis réhydraté, et je ne suis pas forcé de boire de ma boisson énergétique dont je saturais un peu. Je questionne le serveur sur la suite de mon chemin et là miracle il réussi à me remonter le moral. Entre temps j'entend une serveuse qui annonce la température à sa collègue : 39 degrés   J'ai encore une partie technique jusqu'au Col de Descarga, et ensuite c'est une piste bien large jusqu'à Olhette... ouf j'en ai fini avec les galères. Effectivement je redescend un single technique mais pas impossible, je le fais presque entièrement sur le vélo sauf quelques petits passages. Et arriver au col je récupère la fameuse piste. Je peux envoyer les watts jusqu'à Olhette. Je jette un oeil à la trace, et je vois qu'elle repasse par la montagne, j'ai pas trop envie de me retaper encore des montées. Je décide de rentrer alors par un autre chemin et je vais rejoindre Biriatou en longeant l'autoroute pendant un bon moment.

J'arrive enfin à la voiture après une belle journée de vélo bien remplie à 18h17 exactement, soit 11h après être parti   Je suis exténué, mais je suis heureux par ce que j'ai fait. Sur le coup je me disais que je jamais je n'y retournerai mais au fur et à mesure que je tapais ce CR, je pensais que ce serai pas mal de recommencer, surtout que maintenant je sais à quoi m'attendre

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Video caméra embarquée Markitos :

 

 

 

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Published by Markitos - dans VTT 2012 Sud-Ouest Espagne
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